POESIE
RUSSE
A
Natalie Gontcharova
Quand je serre, plein de tendresse,
Ton corps si svelte et qu'exalté,
Dans mon étreinte je t'adresse
De doux propos énamourés,
Tu fais s'échapper en silence
Ton corps si souple de mes mains:
Un sourire de méfiance
Est tout ce que de toi j'obtiens.
Ta mémoire étant sans faiblesse
Pour mes nombreuses trahisons
Tu m'écoutes avec tristesse,
Lointaine, sans attention.
Je maudis les ardeurs traitresses
Dont fut coupable ma jeunesse,
Les attentes pour rencontrer
Quelqu'un le soir sous les ramures.
Je maudis l'amoureux murmure,
Le vers si habile à charmer,
Les baisers des filles naïves,
Leurs larmes, leurs plaintes tardives.
1830
A. Pouchkine
ici la version originale pour celui qui
apprend où déjà sait lire en russe
avec la possibilité
d'écouter
Le voilier
Ce voilier tout blanc,
solitaire,
Qui dans le brouillard bleu s'enfuit
Qu' a-t-il besoin d'une autre terre?
Qu'abandonna-t-il après lui?
Son mât sur l'onde vagabonde
S'incline et grince dans le vent
Hélas! point de bonheur au monde
Ni derrière lui ni devant
Pour le porter la mer est belle
Le soleil brille au firmament...
Mais lui réclame, le rebelle,
L'orage, cet apaisement.
1832
M. Lermontov
ici la version originale